Atout Buc

Le 20 juin 1789, à Versailles, 578 députés ont fait le serment de ne pas se séparer avant l'élaboration d'une Constitution. Aussi tôt dit aussitôt fait...

En moins de trois ans, ils créeront une Assemblée Nationale Constituante, graveront la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et établiront les grands principes d'une constitution qui fait encore référence de nos jours.

Travail considérable qui vit s'associer les mots « Souverain » et « Nation » pour devenir « Souveraineté Nationale » prélude à notre belle démocratie.

Trois petites années où ces hommes d'horizons différents ont su écrire la plus incroyable page de l'histoire de notre pays, sans crainte, armés de leur seul désir de liberté et de justice. Ils étaient les élus du peuple français ...

Nous voici en juin 2012, même mois, même peuple, mêmes députés ? Pas tout à fait, entre temps les partis politiques ont fait leur apparition faisant naître une nouvelle caste : Les politiques qui, quel que soit l'enjeu électoral, répète les mêmes mots préparés par leur leader ....

Un « wording » pour consommateurs télévisuels lobotomisés.

Ainsi pendant ces législatives 2012, nous avons assisté à ce qu'il y a de plus affligeant en matière électorale. J'ai pu assister à plusieurs meetings de candidats, et quelle ne fut pas ma surprise d'entendre des phrases aussi définitives que ridicules comme « si nous perdons les législatives, notre pays tombera dans le déclin » ou « si nous n'avons pas la majorité, nous ne pourrons opérer le changement que vous attendez tous ».

Ce n'est pas cela que vous ont légué vos pères, loin s'en faut. Ils vous ont légué la force de vous battre individuellement pour représenter le peuple et pour que collectivement vous légifériez en n'oubliant personne qu'il soit de votre parti ou non.

Juin 2012, le peuple ainsi interrogé vous a répondu par une abstention de 44%.

Mais qu'importe, vous êtes élus avec un mandat de cinq ans que vous cumulerez sans doute avec un autre pour vous persuader vous-même de votre indispensable sacrifice.

Je vous propose, mesdames et messieurs les députés, la question suivante :

Que vaut votre représentation avec un tel niveau d'abstention ?

L'un d'entre vous aura-t-il le courage de refuser ce « petit mandat » au motif qu'il ne se sent pas assez légitimé par son peuple.

C'est ce courage et cette force qui ont poussé, un certain mois de juin 1789, 578 députés à se réunir par la seule volonté du peuple.

Aucune baïonnette n'aurait pu les en dissuader.

 

 

 

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